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Wednesday, June 1, 2011

COTE D'IVOIRE : Depuis la France / Alassane Ouattara : ‘’Laurent Gbagbo est un citoyen ordinaire au regard de la loi’’

               
       Le Président ivoirien était le dimanche 29 mai 2011 l’invité de Rfi, Tv 5 monde et le journal Le Monde. Alassane Ouattara a évoqué, au cours de cet entretien, plusieurs questions dont l’avenir de l’ex-chef de l’Etat Laurent Gbagbo.

Alassane Ouattara a indiqué que toutes les personnes ayant commisdes crimes en Côte d’Ivoire pendant la période postélectorale passeront devant les tribunaux pour répondre de leurs actes. Selon lui, l’ex-chef de l’Etat, Laurent Gbagbo, ne peut échapper à cette mesure contrairement à ce que pensent ses avocats. « Ses avocats peuvent dire ce qu’ils veulent. Nous, nous connaissons la loi en Côte d’Ivoire. Nous appliquons la loi à Laurent Gbagbo comme à tous les citoyens. Laurent Gbagbo a commis des crimes. Il sera jugé pour ces crimes (…) Depuis le 4 décembre, il n’est plus président. Il a usurpé cette fonction. Il a confisqué le pouvoir. Il a commis beaucoup de crimes pendant cette période. Et la loi dit que tout manquement à la loi par rapport à la période électorale est la même pour tous les citoyens. Donc pendant cette période, Laurent Gbagbo a commis des crimes. C’est un citoyen ordinaire au regard de la loi. Et il sera jugé en fonction de la loi », a laissé entendre le président de la République. Qui a également rassuré que la lumière sera faite sur les exactions commises sur les populations à Duékoué. Et de clarifier : « Nous ferons ces procès. Si nous découvrons que ces personnes sont des Frci, ils seront sanctionnés ». Autre sujet évoqué au cours de cet entretien, la coopération entre la France et la Côte d’Ivoire. A ce sujet, le chef de l’Etat a fait remarquer que le maintien du 43ème Bima est loin de constituer une atteinte à la souveraineté de la Côte d’Ivoire. D’ailleurs, cela avait été demandé aux autorités françaises par lui et le président Bédié en 2004 à travers un courrier. « Le 43ème Bima est utile pour la sous-région. La Côte d’Ivoire est un pays important de la sous-région. Nous avons des indices sérieux concernant les drogues, le terrorisme. Et nous voulons nous assurer que nous avons une force française qui peut nous aider à surveiller l’ensemble de la sous-région. Vous devez comprendre que la Côte d’Ivoire est en relation étroite avec le Mali, le Burkina, le Niger qui sont des pays menacés par le terrorisme », a-t-il expliqué. Avant d’indiquer que l’accord de défense entre la Côte d’Ivoire et la France sera revu. « Nous voulons que ce soit un accord transparent. Il n’y aura pas de clause secrète (…) La Côte d’Ivoire tient à sa souveraineté », a-t-il précisé. La formation du gouvernement d’union sera-t-elle possible sans la participation du parti politique de Laurent Gbagbo ? Le président de la République a répondu « qu’il n’y a pas que le Fpi en Côte d’Ivoire’’. Ajoutant que le gouvernement d’union qu’il compte former comprendra également des membres de la société civile. D’autre part, le n°1 ivoirien a invité les opérateurs économiques à venir investir en Côte d’Ivoire. Il les a rassurés que des mesures sécuritaires seront prises afin de leur permettre de mener leurs activités dans la quiétude. « Mon objectif c’est de faire en sorte que dans les semaines qui viennent tous les militaires soient en caserne. La difficulté que nous avons c’est parce que des militaires sont chargés du travail de police. Ce n’est pas normal. Nous allons régler ce problème dans les semaines à venir», a martelé Alassane Ouattara. Il a précisé qu’il ne mettra pas en place une nouvelle armée. D’autant plus que celle-ci « est déjà recréée avec l’ordonnance qui met en place les Forces républicaines».


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Friday, May 27, 2011

Côte d'Ivoire:

Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu.

Un rapport d'Amnesty international revient sur les six mois de violences qui ont suivi la présidentielle ivoirienne du 28 novembre. Il accuse les deux camps de crimes de guerre et crimes contre l'humanité.

Une photo d'une des centaines de victimes massacrées au cours de la crise post-électorale ivoirienne. © Amnesty International
  
«Ils ont regardé sa carte d’identité et l’ont abattu». Ces paroles valent pour les deux camps qui se sont affrontés durant toute la crise post-électorale. Aussi bien pour les miliciens pro-Gbagbo qui ont tabassé ou brûlé des «Guinéens», un terme générique à Abidjan pour désigner les Ouest-Africains soupçonnés de soutenir Alassane Ouattara. Mais aussi pour les ex-rebelles des Forces nouvelles (FN), rebaptisés Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont massacré le 29 mars à Duékoué, dans l’Ouest du pays, plus de 800 hommes et enfants de l’ethnie guéré, supposée soutenir Laurent Gbagbo.
Les équipes d’Amnesty sont arrivées à Duékoué le 10 avril, douze jours après le massacre. Dans le quartier Carrefour, où la tragédie s’est déroulée, ils n’ont trouvé que des maisons vides ou brûlées, et une douzaine de cadavres qui n’avaient pas encore été enterrés. Pas moins de 27.000 personnes avaient trouvé refuge à la mission catholique. «Nous avons retrouvé beaucoup de cartes d’identité par terre, qui attestaient d’une chasse à l’homme en fonction de l’ethnie», explique Gaëtan Mootoo, chercheur d’Amnesty International, qui a enquêté en Côte d’Ivoire pendant 4 semaines entre janvier et février, puis 5 semaines entre mars et avril avec Stephan Oberreit, le responsable de la section française d’Amnesty [Retour sur six mois de violences post-électorales en Côte d'Ivoire - Le rapport d'Amnesty International en version PDF].
La mission catholique de Duékoué a servi de réfuge à des dizaines de milliers de personnes depuis le début des violences. © Amnesty International
La mission catholique de Duékoué a accueilli des dizaines de milliers de personnes. © Amnesty International

Les forces de l'Onuci n'ont pas bougé

Les deux hommes ont constaté que la base la plus proche de l’Onuci se trouvait à 1 kilomètre du quartier Carrefour, et que les 200 Casques bleus marocains présents à Duékoué n’avaient pas été renforcés, ni avant la progression des FRCI vers le sud du pays, ni après le massacre de Duékoué, dénoncé dès le 1er avril par le Comité international de la Croix Rouge (CICR). Une organisation réputée pour son sérieux, et qui a avancé le chiffre de 816 morts – contre 330 du côté de l’Onuci, qui explique procéder à des vérifications.
«Les témoignages sont massifs et concordants, rappelle Gaëtan Mootoo. Nous avons vu plus de 100 personnes. Des homicides ciblés et systématiques ont été commis par des agents en uniforme des FRCI. Les forces de l’Onuci n’ont pas bougé pendant la bataille de Duékoué. Le 29, à la mi-journée, les patrouilles de l’Onuci sont passées devant le quartier Carrefour pour sécuriser la mission catholique. Des femmes ont imploré les soldats de venir les aider pour sauver leurs maris et leurs fils. Le 31, les forces de l’Onuci iront avec d’autres constater les massacres, alors que le mandat de l’Onu porte sur la protection des civils».
Une habitante de Duékoué raconte notamment à Amnesty International:
«Ils sont entrés dans les cours et ont chassé les femmes. Puis ils ont demandé aux hommes et aux jeunes de s’aligner et leur ont demandé de décliner leurs prénoms et noms et de présenter leurs cartes d’identité. Puis ils les ont exécutés. J’ai assisté au tri qu’ils opéraient, trois jeunes hommes, dont un âgé d’une quinzaine d’années, ont été tués par balle devant moi.»
L’Onuci est encore prise en faute, lorsqu’elle enterre les cadavres à la va-vite dans des fosses communes, «sans respect pour les personnes» selon Gaëtan Mootoo, contrairement aux normes internationales instaurées après le massacre de 1995 à Srebrenica. Pour mémoire, plus de 7.000 civils bosniaques, garçons, hommes et vieillards avaient été exécutés par des milices serbes en ex-Yougoslavie, à quelques kilomètres d’un contingent de Casques bleus néerlandais, là aussi impuissants.

Une femme regarde les ruines de sa maison à Duékoué. © Amnesty International

Le pire n'a pas été évité

Les chercheurs d’Amnesty International ont demandé des explications au siège de l’Onuci à Abidjan. Ils n’ont pas obtenu d’autre réponse que cet argument: «L’Onuci est assiégée». Le commandant régional n’a même pas utilisé ses réserves, souligne Gaëtan Mootoo. Choi Young-jin, l’envoyé spécial en Côte d’Ivoire du secrétaire général des Nations unies, responsable d’une mission forte de 10.500 hommes, a déclaré à SlateAfrique que «le pire a été évité en Côte d’Ivoire», du moins en comparaison des drames libérien et sierra-léonais. Pour Amnesty International, il paraît clair que «le pire n’a pas été évité» à Duékoué.
Les exactions ne se sont pas limitées à cette petite ville. Dans toute la région, l’arrivée des FRCI (Forces républicaines de Côte d’Ivoire) dans les villages a été marquée par des exactions, des exécutions sommaires et des viols ciblés ethniquement. Les familles ayant pu justifier de leur identité baoulé (ethnie de l’est) et les maisons des Dioulas (originaire du Nord) ont été épargnées. Là encore, l’Onuci était présente, mais passive. «Il y avait à la frontière libérienne des patrouilles rapides, à la Speedy Gonzales, qui ne parlaient qu’aux FRCI», dénonce Stephan Oberreit.
Ces faits n’occultent en rien la responsabilité du camp Gbagbo, qui s’est lui aussi livré à des exactions sur l’axe Duékoué-Guiglo-Bloléquin. Des violences ont aussi été commises contre des Malinkés, notamment à Bloléquin.
Sur la situation qui prévaut en Côte d’Ivoire, Amnesty International se montre très critique. «Alassane Ouattara doit ordonner à ses troupes d’arrêter de harceler la population. Beaucoup de gens en Côte d’Ivoire sont encore harcelés et l’Onuci ne les protège pas, en raison d’une sorte d’inaction».

Deux combattants patrouillent dans les rues vides de Duékoué après les combats. © Amnesty International

La force Licorne, comme au cinéma

Les Français peuvent-ils être accusés de n’avoir rien fait? La force Licorne opère sous mandat de l’Onu. Ce qu’Amnesty constate, c’est que les soldats français de Licorne n’ont rien fait quand des membres de l’entourage de Laurent Gbagbo, parmi lesquels Philippe-Henri Dacoury-Tabley, l’ancien gouverneur de la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest (BCEAO), ont été battus au moment de leur arrestation le 11 avril à la résidence présidentielle de Cocody.
Selon un témoin de l’arrestation de Laurent Gbagbo (le 11 avril) cité dans le rapport, les FRCI «se sont mis à frapper les hommes et les femmes avec des bouts de bois et avec leurs crosses. D’autres les filmaient et les prenaient en photo comme des bêtes de foire. Il y avait des soldats français de la force Licorne qui se trouvaient devant la résidence dans leurs véhicules ou dans leurs chars et ils ne sont pas intervenus. Ils étaient là comme quand on est au cinéma et qu’on regarde un film.»
Une grande question reste posée, après la lecture du rapport. L’Onuci, qui a mené à bien la première certification d’une élection en Afrique, s’est-elle montrée partisane en Côte d’Ivoire? Amnesty International ne se prononce pas. Mais on reste sur cette impression de gros malaise. Salvatore Saguès le résume en ces termes:
«Alassane Ouattara a demandé à la Cour pénale internationale d’enquêter sur l’Ouest du pays. Nous, nous pensons qu’il faut enquêter sur tout ce qui s’est passé depuis 2002, si l’on veut réellement réconcilier les Ivoiriens. Dans les deux camps, pour l’instant, on ne veut voir que ses propres victimes, et l’on continue de nier les exactions. Si les choses restent en l’état, on prépare de nouvelles violences. On a l’impression aujourd’hui que la crise ivoirenne est derrière nous. Or, rien n’est réglé.»




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Tuesday, May 24, 2011

Côte d'Ivoire : Ouattara veut un "gouvernement d'union" dirigé par Soro

Investiture officielle d'Alassane Ouattara, le 21 mai 2011 à Yamoussoukro.Le président ivoirien Alassane Ouattara va annoncer "dans les prochains jours", la composition de son nouveau gouvernement. Il aura Guillaume Soro à sa tête et à la Défense, et devrait intégrer des éléments du parti de Laurent Gbagbo. Ce dernier sera quant à lui jugé pour crimes de guerre, a insisté Alassane Ouattara dimanche.
Investi président de Côte d’ivoire en grande pompe samedi à Yamoussoukro, Alassane Ouattara peut maintenant se mettre au travail.
Première tâche : composer un nouveau gouvernement. Bien que la phase de conquête du pouvoir soit terminée, il a annoncé que Guillaume Soro sera « reconduit dans ses fonctions de Premier ministre et de ministre de la Défense », dans une interview à France 24.
Lourde tâche
« Chef incontesté » des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI), qui ont permis à Alassane Ouattara de remporter la bataille d’Abidjan, Guillaume Soro aura la lourde tâche d’en faire une véritable armée régulière, alors que des pillages massifs ont accompagné leur arrivée dans la capitale économique ivoirienne. Seuls 20 % des hommes autrefois fidèles à Laurent Gbagbo sont revenus au travail, estime un expert cité par l’AFP. Guillaume Soro devra réintégrer les autres et réorganiser l’armée, en dépit des méfiances.
Pour apaiser les rancœurs, Alassane Ouattara compte mettre en place un « gouvernement d’union », où « des éléments modérés » du Front populaire ivoirien (FPI), le parti de Laurent Gbagbo, auraient leur place. Les trouver ne sera pas si aisé : la plupart de ses cadres sont, soit en détention, soit en exil, au Ghana notamment.
Procès Gbagbo
Alassane Ouattara ne souhaite en revanche pas faire l’économie d’un, voire de plusieurs « procès Gbagbo ». « Il sera jugé. Il sera jugé en interne, et je demande qu'il soit jugé par la Cour pénale internationale », a-t-il déclaré à France 24.
Les forces françaises Licorne, présentes sur le territoire ivoirien, devraient quant à elles y rester, comme l’avait annoncé le président Nicolas Sarkozy, présent à l’investiture samedi. « Il faut que cette base soit renforcée », a même estimé Alassane Ouattara. (avec AFP)

English translation

The Ivorian president Alassane Ouattara will announce "in the coming days," the composition of his new government. It will be headed by Guillaume Soro and the defense, and should integrate elements of the party of Laurent Gbagbo. The latter will in turn tried for war crimes, Alassane Ouattara insisted Sunday.
Inaugurated president of Ivory Coast in style Saturday at Yamoussoukro, Alassane Ouattara can now get to work.
First task: compose a new government. Although the phase of conquest of power is over, he announced that Guillaume Soro will be "reappointed as prime minister and defense minister, in an interview with France 24.
Heavy task
"Undisputed leader" of Republican Forces of Côte d'Ivoire (FRCI), which allowed Alassane Ouattara to win the battle of Abidjan, Guillaume Soro will have the difficult task of making a real army, while massive looting accompanied their arrival in the Ivorian economic capital. Only 20% of men once loyal to Gbagbo returned to work, says one expert quoted by AFP. Guillaume Soro and others will return to reorganize the army, despite suspicions.
To appease the resentment, Alassane Ouattara will set up a "unity government", where "moderate elements" of the Ivorian Popular Front (FPI) party of Laurent Gbagbo, have their place. Finding them will not be so easy: most of its cadres are either in detention or in exile, especially in Ghana.
Minutes Gbagbo
Alassane Ouattara, however, does not want to do without one or even several "trial Gbagbo." "He will be tried. He will be tried in-house, and I ask that he be tried by the International Criminal Court, "he told France 24.
French Licorne forces present on the Ivorian territory, should they stay on, as announced by President Nicolas Sarkozy, who attended the inauguration Saturday. "We need this amount is increased, even considered Alassane Ouattara. (With AFP)


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Wednesday, April 20, 2011

Pourquoi la France fait la guerre à Gbagbo

Impérialisme? Néocolonialisme? Engagement partisan? Piège militaire? Intérêt politique? L'intervention militaire française à Abidjan suscite critiques et interprétations.

Des soldats français de la Licorne dans le quartier du Plateau, à Abidjan, le 7 avril. Reuters/Luc Gnago
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«La France ne fait pas la guerre.» Alain Juppé, le ministre français des Affaires étrangères, a beau le répéter, rien n’y fait. Comme pour la crise libyenne, une partie des opinions africaines condamne l’intervention française en Côte d’Ivoire. Certains, comme l’écrivaine franco-camerounaise Calixthe Beyala, vont beaucoup plus loin, car, pour eux, la France fait la guerre aux peuples africains, et piétine leur souveraineté, cinquante ans après les indépendances. «Je ne paye pas les impôts pour que la France aille faire la guerre aux Africains», ajoute-t-elle, un rien bravache. L’on comprend dès lors qu’elle soit l’une des signataires d’une pétition intitulée «La France veut tuer Laurent Gbagbo! Mobilisation!», que vient de publier le journal en ligne Gri-Gri International. Sous la plume de ces pétitionnaires, voici ce qu’on peut lire:  
«Sans aucun mandat, en pleine illégalité et malgré les appels à l'arrêt des bombardements demandés par la Russie et l'Union africaine, la France de Nicolas Sarkozy est en train de bombarder la résidence du chef de l'Etat ivoirien, Laurent Gbagbo. L'objectif du président français Sarkozy semble être de ramener le cadavre de Laurent Gbagbo pour le journal de 13h. Ivoiriens, Africains, Amis de la Souveraineté, de la Liberté et de la Démocratie, levons-nous tous pour protester contre les agissements de Nicolas Sarkozy en Côte d’Ivoire. En ce moment même, mercredi 6 avril 2011 à 10h30, selon le porte-parole du Gouvernement, les hélicoptères et les chars français de la Force Licorne sont en train de pilonner la résidence du Président de la République de Côte d’Ivoire, au mépris de la Charte des Nations Unies, de la Convention de Genève sur le Droit de la Guerre de 1949 et des intérêts français.»

Des critiques, de la France à l'Afrique du Sud

Y compris en France, des voix s’élèvent, par exemple au sein du Parti communiste français (PCF), pour condamner l’engagement militaire français. Dans un communiqué, le PCF déclare:
«En participant directement aux intenses combats militaires ivoiriens opposant Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, la France choisit l’escalade, la politique de force et la guerre, en se masquant derrière une demande de l’ONU.»
Pourtant, Alain Juppé n’a de cesse de le clamer haut et fort: c’est à la suite d’une demande expresse du Secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon au président Nicolas Sarkozy que les troupes françaises de la force Licorne soutiennent leurs collègues de l’Onuci. Il l’a à nouveau martelé le 7 avril, devant la commission des affaires étrangères du Sénat, où il était interrogé par les sénateurs, en compagnie de son collègue de la Défense Gérard Longuet. Et malgré ces explications, la polémique enfle!
Au Cameroun par exemple, à l’instar de Calixthe Beyala, des actions de soutien à Laurent Gbagbo ont été organisées. Si le gouvernement camerounais semble observer une grande prudence, il n’en est pas toujours de même au sein d’une partie de la population. De l’homme de la rue aux intellectuels, en passant par les journalistes, beaucoup dénoncent «l’impérialisme mondial» en Côte d’Ivoire. Mais la question est loin de faire l’unanimité. Au contraire! Elle divise profondément les Africains.
L’Afrique du Sud par exemple, qui a participé en tant que membre non-permanent, au vote de la résolution 1975 du Conseil de sécurité de l’ONU, a déclaré par la voix de sa ministre des Affaitres étrangères qu’elle n’avait pas donné de mandat pour le bombardement de la Côte d’Ivoire. Des propos qui sonnent comme un cinglant désaveu, même s’il est avéré depuis longtemps que les autorités sud-africaines sont proches de Gbagbo. D’ailleurs, le président en exercice de l’Union africaine (UA), l’Equato-guinéen Teodoro Obiang Nguema, ne dit pas autre chose, lorsqu’il précise que le soutien apporté par l’UA à Alassane Ouattara ne doit pas impliquer une guerre.

La France piégée par l'histoire

A l’évidence, avec cette crise ivoirienne, la France se retrouve piégée à la fois par l’histoire et par ses choix politiques. En effet, les accords de défense entre l’ancienne puissance coloniale et de nombreux pays francophones sont encore aujourd’hui une réalité sur le continent. De plus, des bases militaires françaises sont encore présentes à Djibouti, au Tchad, au Gabon, en République centrafricaine ou encore au Sénégal, où elles sont appelées à disparaître très bientôt. Et s’agissant de la Côte d’Ivoire, il faut rappeler que lors de la rébellion de 2002, après s’y être refusé, la France est quand même intervenue dans le conflit au nom des accords militaires. S’ensuivra une opération d’interposition entre les belligérants, et la création de l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci), qui regroupera toutes les forces militaires y compris les troupes françaises.
Malheureusement, la crise politique a duré près d’une dizaine d’années, et les troupes françaises sont restées sur place. Mais surtout, il y a le syndrome rwandais! Si la France n’était pas intervenue, d’aucuns l’auraient sans doute accusée, comme lors du génocide rwandais, de non assistance à peuple en danger. En intervenant, elle est aussi mise à l’index, et accusée de défendre ses intérêts, et plus grave, de perpétuer le néocolonialisme. Une situation intenable, qui conduit parfois à faire oublier aux uns et aux autres que, dans ce type de conflit, les populations civiles paient toujours le plus lourd tribut. Et pour ce qui concerne la Côte d'Ivoire, que l’on se fonde sur la réalité issue de la rébellion de 2002, ou sur le résultat de la dernière présidentielle, quel qu’il soit, le pays est divisé en deux; et de part et d’autre, il y a des civils. Dès lors, la question de leur protection s’impose à l’ensemble des belligérants, qui doivent tout mettre en œuvre pour leur éviter des massacres.
D’ailleurs, l’Union africaine ne dit pas autre chose, lorsqu’elle condamne les violations des droits de l’Homme, et appelle à «la protection impérative de la population civile». De ce point de vue, Gérard Longuet, le ministre français de la Défense, affirme que les troupes françaises ne sont intervenues qu’en soutien de celles de l’Onuci, pour éviter que les populations ne soient bombardées à l’aveuglette par les partisans de Laurent Gbagbo.
De la même manière, les autorités françaises précisent que c’est à la demande du secrétaire général des Nations unies que des opérations d’exfiltration ont été organisées pour des diplomates japonais. Par ailleurs, des demandes similaires ont été formulées par les Israéliens et les Indiens. Mais finalement, à force de marteler son soutien à Alassane Ouattara, à l’instar de toute la communauté internationale, la France devient inaudible sur tout le reste. Une situation qui l’obligera sans doute, à terme, à clarifier sa politique africaine, et à se pencher sur son histoire coloniale avec l’Afrique.




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Arrestation de Gbagbo: les secrets de la Licorne en cote d'ivoire

Entre versions officielles et officieuses, le rôle des forces en présence dans l'arrestation de Laurent Gbagbo reste un mystère. C'est l'art de la guerre et le charme discret des interventions extérieures.

Un soldat de la Licorne à Abidjan le 11 avril, jour de l'arrestation de Laurent Gbagbo. Reuters/Luc Gnago
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Officiellement, la crise ivoirienne est terminée. Les Forces républicaines de Côte d'Ivoire (FRCI) sont venues à bout de la résistance des derniers fidèles de Laurent Gbagbo, l’ancien Président a été arrêté, et la paix, nous dit-on, revient peu à peu dans les rues d’Abidjan. Les images récentes de ce qui reste du palais présidentiel sont la preuve de la violence et de l’acharnement des frappes et des combats: entassement de carcasses de véhicules calcinés, façade crevassée d’impacts, pièces incendiées. Et, nous assure-t-on également, le rôle de l’armée française dans cette tragicomédie sanglante s’est borné au déploiement d’hélicoptères d’attaque dans le cadre de l’opération Licorne. Tout est bien qui finit bien, passons à autre chose, à un autre dossier brûlant, comme la Libye par exemple, où là encore, nous nous contentons d’éreinter les forces de Kadhafi depuis les airs.
En réalité, il est probable que la participation des unités françaises à la «bataille d’Abidjan» est allée au-delà des missions des Gazelle de l’Aviation légère de l’armée de terre (Alat) contre les armes lourdes des pro-Gbagbo. En fait, au moment de l’arrestation de l’ancien Président, les premières informations à circuler, tant du côté de Gbagbo que de celui de Ouattara, affirmaient qu’il avait été appréhendé par des troupes françaises. Peu après, la version de l’histoire changeait, et c’est depuis aux seules FRCI que revient le mérite de sa capture.

La guerre, une affaire secrète

Ce phénomène n’est pas nouveau, pas plus qu’il n’est uniquement français. Partout où les forces occidentales interviennent, il se passe sur le terrain des choses plus complexes que l’image que l’on en a, des choses parfois peu reluisantes, mais la guerre n’est pas une affaire de gentlemen. Du reste, même à la glorieuse époque des chevaliers, un champ de bataille n’était pas un endroit particulièrement courtois.
Cette dichotomie est indissociable de toute action militaire. Les raisons en sont multiples, la première étant bien évidemment d’ordre tactique et stratégique. Un haut commandement, quel qu’il soit, n’a pas intérêt à ce que soit connu le détail de ses opérations. Or, en dépit de l’idée que se fait l’opinion publique de la guerre moderne, idée véhiculée tant par les militaires eux-mêmes que par les médias, les combats ne se résument pas au décollage de Rafale du pont du Charles-de-Gaulle, à des films flous en noir et blanc se terminant toujours par des explosions et à des communiqués de porte-parole en treillis camouflé.
Une autre raison tient au romantisme indécrottable des médias occidentaux. Dès que les troupes d’un pays de l’Otan, la plupart du temps américaines, britanniques ou françaises, entrent en jeu aux côtés d’une rébellion, c’est cette dernière qui suscite la plus grande attention, voire un véritable engouement. Très vite, journaux et télévision dépêchent des correspondants sur le terrain qui, bien souvent au péril de leur vie, vont tenter d’en savoir plus sur les rebelles. Toutes proportions gardées, on renoue alors avec l’enthousiasme d’un Hugo ou d’un Byron pour les révolutionnaires grecs en guerre contre les Turcs.
Les reportages se multiplient, les noms les plus exotiques fleurissent. En Tchétchénie, on ne parle plus de «combattants», mais de boïeviki, ce qui, en gros, veut dire la même chose en russe, mais vous a quand même un autre cachet. Que les belligérants, surtout ceux du camp auquel les médias ont accès, s’affublent de noms de guerre plus ou moins ridicules, et ils seront aussitôt repris à l’envi. Très vite, le public a ainsi entendu parler des «Invisibles» en Côte d’Ivoire. Qu’il soit un boïevik, un Invisible, un Albanais de l’UÇK ou, archétype du rebelle chéri des médias, un moudjahidine afghan sous le commandement du «Lion du Panchir» (le défunt commandant Massoud), il perd très vite son statut de combattant irrégulier pour acquérir celui, mythique, de «guerrier». Ajoutons une pincée de déterminisme, et l’on a alors droit à des tableaux dithyrambiques sur l’Afghanistan, «tombeau des empires», le Tchétchène né pour la guerre ou sur les qualités intrinsèques du «guerrier toubou» au Tchad.
Au Tchad, justement, quand, dans les années 80, l’armée libyenne du colonel Kadhafi avait tenté de s’implanter dans le Tibesti, les fameux guerriers toubous, entre autres, lui avaient infligé de cuisants revers. A l’époque, les médias assuraient que les Tchadiens avaient remporté de brillants succès contre les blindés libyens grâce à l’emploi de missiles antichars Milan, dont ils auraient appris le maniement en trois jours. Or, à ce sujet, les avis sont plutôt partagés. Si certaines sources confirment qu’en effet, il est très facile de se familiariser avec ces armes, d’autres assurent au contraire, citant l’exemple des moudjahidine afghans formés par des instructeurs français, que les combattants irréguliers préfèrent le lance-roquettes antichars RPG-7, plus rustique, peinant à maîtriser le système de filoguidage du missile européen.
Alors, étaient-ce vraiment les Toubous qui manipulaient les Milan au Tchad? A l’époque, des rumeurs faisaient état de la présence sur place d’éléments du 11e régiment de parachutistes de choc, affilié au service de renseignements de la DGSE. Info ou intox, l’anecdote montre à quel point il est difficile de savoir ce qu’il en est vraiment sur le terrain, au plus fort des combats. (Pour ceux qui souhaiteraient découvrir le monde mystérieux des forces spéciales, leur organisation et leurs opérations, nous recommandons chaudement la lecture de l’excellente synthèse d’Eric Denécé, parue aux éditions du Rocher: Forces spéciales, l’avenir de la guerre?)

Une intervention au sol, forcément

De toute façon, même sans aller jusqu’à imaginer des soldats français déguisés en rebelles pour passer inaperçus et procédant eux-mêmes à la destruction des armes lourdes ennemies, dès que l’on parle de frappes aériennes, il y a intervention au sol. En effet, les opérations aériennes sur des objectifs terrestres, blindés, bases, positions de DCA, concentrations de troupes, nécessitent forcément la présence d’unités spéciales infiltrées afin d’éclairer ces cibles.
En 2001, des Français étaient déjà sur place en Afghanistan, auprès des hommes de Massoud, et ils auraient préparé le terrain aux Américains. Auparavant, au Kosovo, en dépit des démentis officiels, des Français, des Britanniques et des Américains étaient également sur place. Le quotidien britannique The Guardian avait d’ailleurs signalé la mort d’un membre des SAS (les forces spéciales britanniques) au combat, information immédiatement niée par l’Otan. Par conséquent, ne nous leurrons pas, des forces françaises sont toujours actives au sol, même quand on ne nous en dit rien. Ce qui, d’ailleurs, est légitime. Les militaires n’ont aucune raison de nous dévoiler leurs secrets dans les moindres détails. Après tout, c’est la guerre.
Aussi, si rien ne nous permet de confirmer que ce ne sont pas les Invisibles qui ont capturé Laurent Gbagbo, une chose est sûre: s’ils l’ont fait, c’est avec l’aide de gens dont le métier, lui, est précisément de rester invisibles.





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Monday, April 18, 2011

Les mystères de l'arrestation de Gbagbo en COTE D IVOIRE

Qui a arrêté Laurent Gbagbo à Abidjan le 11 avril? Les forces pro-Ouattara? Les Français? Plusieurs versions contradictoires circulent toujours.

Base militaire de la résidence présidentielle d'Abidjan où Laurent Gbagbo a été arrêté. Reuters/Finbarr O'Reilly

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Deux versions de l’arrestation de Laurent Gbagbo à Abidjan ont émergé dans les heures qui ont suivi, le 11 avril. L’une, hautement cinématographique, affirmait que le Président avait tenté de fuir sa résidence de Cocody, en flammes, en cherchant à sauter dans un bateau amarré au fond de son jardin, au bord de la lagune Ebrié. Les tirs de sommation d’un hélicoptère français l’en auraient empêché. Selon l’autre version, moins glorieuse, Gbagbo a été arrêté à son bureau, dans les sous-sols de sa résidence. Et ce après une avancée laborieuse des Forces républicaines de Côte d’Ivoire (FRCI) pro-Ouattara, dont plusieurs soldats ont sauté sur des mines antipersonnel, selon les témoignages recueillis par les agences de presse.
Les premiers mots de Gbagbo arrêté auraient été: «Ne me tuez pas», selon un soldat du camp Ouattara cité par l’Agence France Presse. Un gilet pare-balles lui a été remis, de même qu’un casque. Le Président sortant a ensuite été entouré par des commandants des FRCI, «parce que certains d’entre nous voulaient en finir tout de suite avec lui», toujours selon le même soldat. Il a ensuite été conduit en 4x4 à l’hôtel du Golf, le QG d’Alassane Ouattara, où il a échappé par une porte dérobée aux coups dont sa femme Simone et son fils Michel ont écopé. L’une des photos prises à ces instants montre Simone Gbagbo à terre, visage fermé, encore vêtue de la chemise mauve et portant les tresses qui lui seront arrachées quelques minutes plus tard. Le fils de Laurent Gbagbo, Michel, lui, a été sévèrement battu, et a évité de justesse le lynchage.
Dans les heures qui ont suivi l’arrestation, deux autres versions de l’arrestation ont encore ajouté à la confusion. Diverses sources, d’abord dans les milieux diplomatiques et militaires français, puis dans le camp Gbagbo, ont affirmé que les forces spéciales françaises avaient permis l’arrestation de l’ancien Président. Plusieurs voix se sont aussitôt élevées dans le camp Ouattara pour affirmer le contraire. Des propos ensuite étayés par des images, montrant des membres des FRCI se forçant un passage dans la résidence, puis entourant Laurent Gbagbo. Ces images donnent l’impression d’être montées. Elles ne montrent pas les coups de crosse assenés par les FRCI aux membres de l’entourage de Gbagbo, y compris chez les blessés soignés dans une infirmerie de fortune. Des coups qui ont semble-t-il coûté la vie au ministre de l’Intérieur, Désiré Tagro, dont on a juste aperçu sur France 24 la mâchoire pendante.

Un bunker en carton-pâte

La chute de Gbagbo était un événement redouté pour les uns, attendu pour les autres, fantasmé pendant plusieurs mois. On a découvert à la télévision des images d’un sous-sol ordinaire, loin des mètres cubes de béton épais suggérés par le mot «bunker», utilisé par les médias pendant tout l’assaut contre la résidence de Laurent Gbagbo. Un «bunker» qui renvoyait dans l’imaginaire à d’autres temps, sous d’autres cieux. La Télévision de Côte d’Ivoire (TCI), pro-Ouattara, n’a d’ailleurs pas hésité, aux dernières heures du régime Gbagbo, à diffuser La chute. Un film qui retrace les derniers moments de Hitler à Berlin, à la fin de la Seconde Guerre mondiale.
Les différentes versions des faits ont «parlé», à leur manière, formant un curieux reflet de cette guerre ivoirienne où les deux récits des camps rivaux sont fondés, reposant sur des vérités différemment sélectionnées. Alors, héros courant tel Fantomas ou James Bond à travers la pelouse vers le navire qui aurait pu l’emporter? Ou figure humaine épuisée, n’ayant pas dormi depuis plusieurs jours, demandant sa survie au terme d’un combat acharné?
Quant au rôle de la France, faut-il y voir un acte secourable d’un pays «n’ayant fait que son devoir», comme l’a dit le président Nicolas Sarkozy, suscitant d’ailleurs les remerciements de nombreux Ivoiriens? Ou une ingérence intolérable, voire une déclaration de guerre post-coloniale, comme l’a répété Alain Toussaint, conseiller de Gbagbo, en conférence de presse chez l’avocat et ami de Gbagbo Jacques Vergès?
A chacun de se faire son film. Même si, concernant l’arrestation de Gbagbo, les deux versions sont vraies, et s’enchaînent dans le fil des événements tels que la presse  les a racontés. Dans la matinée du 11 avril, un petit groupe a en effet tenté de quitter la résidence de Cocody par bateau. Il en a été empêché par un hélicoptère français. La force française Licorne, de son côté, a bien ouvert la voie aux FRCI, qui avaient livré dans la semaine trois assauts terrestres, en vain, sur la résidence. L’ONU et surtout les Français ont littéralement ouvert une brèche dans le bâtiment, avant de l’encercler avec une trentaine de blindés, permettant aux FRCI de cueillir Laurent Gbagbo.
Epilogue du feuilleton imposé à la Côte d’Ivoire par l’ex-président, qui en a occupé le rôle principal pendant quatre longs mois. Mais c’est la dure loi de la guerre: après la bataille, l’écriture de l’histoire appartient aux vainqueurs.




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Monday, March 28, 2011

Gbagbo plaide en vain pour un dialogue inter-ivoirien auprès des diplomates occidentaux

Laurent Gbagbo a chargé plusieurs membres de son gouvernement d’approcher les chancelleries occidentales à Abidjan pour évoquer la possibilité d’un dialogue inter-ivoirien. Elles lui ont opposé une fin de non-recevoir.
Depuis la fin de la semaine dernière, Laurent Gbagbo a entrepris d’approcher les diplomates en poste à Abidjan pour réclamer leurs bons offices. Il a mandaté auprès d'eux des membres de son gouvernement, pour faire connaître son intention d’ouvrir au plus vite - avant la fin de la semaine - un dialogue inter-ivoirien avec Alassane Ouattara. L’objectif pour Gbagbo : se montrer enclin à trouver une solution pacifique à la crise postélectorale et sauver la face, au moment où il est lâché par ses derniers soutiens.
Il a ainsi prié Ahou Don Mello, son ministre de l'Équipement et porte-parole du gouvernement, Alcide Djédjé ministre des Affaires étrangères, Désiré Dallo, ministre de l'Économie et des Finances, et Philippe Attey,  ministre de l'Industrie, de faire discrètement connaître ses intentions aux conseillers et secrétaires de ambassades de France, d’Italie, d’Espagne et des États-Unis, a-t-on appris de sources diplomatiques…
Dans l’esprit de Laurent Gbagbo, ce dialogue pourrait déboucher sur un gouvernement d’union nationale, dont il prendrait les commandes. Alassane Ouattara serait son vice-président, et ils exerceraient ainsi le pouvoir « conjointement », en s’appuyant sur des ministres d’État.
Mais partout, le refus a été catégorique, ont confirmé des proches de Gbagbo. Les diplomates, pour qui il n’y a rien à négocier, refusent d’encourager Alassane Ouattara à accepter toute discussion avec son rival. Ils l’ont reconnu comme seul président élu en Côte d’Ivoire et ne préconisent que le départ de Gbagbo comme issue à la crise. Quant à Alassane Ouattara, il pourrait se montrer favorable à la négociation, à la condition sine qua non que Laurent Gbagbo reconnaisse sa défaite à l'élection présidentielle du 28 novembre dernier.
La crise qui a suivi ce scrutin a fait de nombreux morts et blessés. Selon un dernier bilan des Nations unies, 52 personnes ont trouvé la mort au cours de la semaine écoulée, soit 462 morts depuis la fin 2010.





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